Circulation totalement interrompue - Quai de Seine entre La Frette et Sartrouville En raison du démontage de la passerelle Lafarge - Du vendredi 27/10 (12h) au dimanche 29/10 (17h)

La Frette dans l’Histoire

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La Frette est née d’une rencontre entre deux « valleuses » (Thalweg) et une voie navigable, la Seine. Le vieux village, en effet, a été construit au bord du fleuve, au débouché sur la Seine de deux vallées naturelles descendant du plateau et qui sont aujourd’hui les rues Pasteur et Jean Lefebvre (ancienne rue de la Vallée, la bien nommée).

L’origine du nom « La Frette » serait liée à la topographie des lieux. Le nom latin « Fractam Cormeilliarum » étant traduit par La Frette de Cormeilles (Frette ayant le sens de brèche), soit : le passage par lequel on pouvait atteindre Cormeilles-en-Parisis. Une autre origine, liée (d’après l’abbé Lebeuf) au rôle portuaire de La Frette, serait le fret des bateaux, mais ceci sans lien avec les textes latins.

Bien qu’aucun site préhistorique n’ait été trouvé à La Frette, il est certain que l’occupation de la région est très ancienne. Les découvertes faites dans les communes d’Herblay, de Cormeilles, de Montigny ou d’Achères le démontrent. Les deux haches, datant du néolithique, trouvées à La Frette en sont autant de preuves.
Nos ancêtres Gaulois « les Parisii » habitaient cette partie du Bassin Parisien à laquelle ils ont laissé leur nom le « Parisis ».
Des restes de poteries gallo-romaines, trouvés en bas de la Rue Jean Lefebvre, laissent penser que dans les premiers siècles de notre ère, il y avait là une occupation peut-être en relation avec celle de Montigny.

Au VIIIe siècle, l’Abbaye de Saint-Denis reçoit en donation un territoire entourant Cormeilles sur lequel s’implantera le village de La Frette qui sera placé sous l’autorité de la Châtellenie de Cormeilles. La Paroisse, d’abord rattachée à celle de Cormeilles, deviendra annexe de Montigny vers 1450. L’importance du port de La Frette fait que cette annexe a les mêmes prérogatives que celle de Montigny (on y célèbre l’office et des fonts baptismaux permettent de donner le baptême).

La situation des Frettois aurait été simple si leur village n’avait pas été partagé entre Cormeilles (lieu de la châtellenie) et Montigny dont la paroisse était une annexe depuis 1450 (alors que l’église est située sur Cormeilles).

De plus, le village était englobé dans les chasses royales de Saint Germain créées sous Louis XIV. Un mur (ou des escarpements) empêchait les « bêtes féroces » de quitter la forêt en traversant la Seine et des portes, fermées en temps de chasse, limitaient les déplacements des Frettois.

La carte la plus ancienne de La Frette que nous possédons date de 1744 (elle est due à l’abbé Delagrive). On y voit un village au bord de l’eau et un plateau, couvert de vignobles, dominant l’agglomération. En 1781, on compte, sur les cartes d’intendance, une soixantaine d’habitations alignées le long du chemin de halage et reliées au « plateau » par une sente et deux chemins.

Ce n’est qu’en 1790, à la Révolution, que les Frettois ont pu obtenir la création d’une commune et, en 1791, la délimitation d’un territoire pris sur ceux de Cormeilles et de Montigny. Ce ne fut pas chose aisée et si, après 1799, le territoire n’a pas pu être remis en question, la paroisse redevint annexe de Montigny vers 1810.

En 1844, par décision royale, la paroisse a eu le statut de succursale et a pu avoir, à partir de 1851, son curé. Cette situation dura jusqu’en 1905, ensuite le culte fut assuré par les paroisses de Cormeilles, Herblay ou Montigny. Aujourd’hui, c’est le curé de Cormeilles qui vient à La Frette.

La vie à La Frette jusqu’à la fin du XIXe siècle

Pendant près de 800 ans, vin et plâtre ont été les raisons de vivre des habitants de La Frette dont le métier est lié à la viticulture ou aux activités portuaires.

La vigne

La vigne a été implantée dans la région parisienne dès le IVe siècle. Mais ce sont les Abbés de Saint-Denis qui, pour les besoins de l’abbaye, ont développé la vigne dans notre région car l’exposition des pentes frettoises était très favorable à cette culture.
La Frette s’est alors trouvée au cœur du vignoble qui produisait ce qu’on appelait alors « le vin de France ». Ce vin a été longtemps celui que l’on buvait à la cour royale. Pendant des siècles, la vigne fut alors la principale ressource du pays et la plupart des métiers exercés dans la commune en dépendait.

Les habitants du village qui n’étaient pas vignerons, vivaient des travaux du port, de la pêche, ou bien étaient employés d’octroi. En effet, toutes les embarcations passant devant l’Ile Epineuse (aujourd’hui disparue) devaient s’acquitter d’un droit de passage. Enfin, l’entretien aux frais de la commune, d’un chemin de halage qui devait permettre le passage régulier de couples de chevaux tirant les bateaux, procurait un travail permanent aux habitants du village.

Cette activité disparaîtra presque totalement au début du XXe siècle.

Le port

L’activité du port fluvial existerait depuis l’époque gallo-romaine : un chemin conduisait de l’oppidum de Taverny au port de La Frette. Il semblerait que déjà au IXe siècle on chargeait à La Frette de la pierre à plâtre ; mais ce n’est qu’à partir du XIIIe siècle que La Frette est citée dans plusieurs documents.
Le calcaire, qui constitue l’essentiel des coteaux, a été très tôt exploité et des plâtrières se sont implantées à Herblay, Cormeilles et Montigny. La voie la plus pratique pour expédier leur production était, bien sûr la Seine, qui permettait d’atteindre aussi bien Paris que la Normandie et l’Angleterre.
Nombreux sont les bateaux qui viennent y charger le plâtre ou le vin et leur passage donne lieu à prélèvement de taxes. L’activité était si prospère, qu’au XIVe siècle (en 1370), on demanda au port et au champ à « plastre » une contribution de 40 livres pour payer la rançon du Roi Jean Le Bon.
A certaines époques, il existait trois lieux d’embarquement sur les rives frettoises :
- Le premier, à l’emplacement actuel du square encore appelé de nos jours « Port aux Plâtres » (mais devenu Square Marcel Deshayes en 2015),
- Le deuxième à l’endroit de la Base des Sports Nautiques, a fonctionné jusqu’en 1920,
- Le troisième, entre l’église et la Côte à Boivin, était probablement réservé aux expéditions de vin.

Dès le Moyen Age des liens forts s’étaient déjà tissés entre le fleuve et ses habitants puisque la petite église, édifiée entre le XIIe et le XIIIe siècle, avait été consacrée à Saint-Nicolas, patron des enfants, des écoliers et des marins, assurant ainsi la protection des mariniers.

Le lilas

Depuis le début du XIXe siècle, les lilas constituèrent une source de revenu pour les Frettois.

Dès le début de la floraison, tous les travaux étaient suspendus. Dans la journée on faisait les bouquets et le soir, on les portait aux Halles de Paris. Une bonne année pouvait rapporter une vingtaine de mille francs (de l’époque !) aux ramasseurs. Le spectacle unique de ces coteaux couverts de fleurs enchanta plus d’un artiste, et parmi les écrivains : Guy de Maupassant.

Histoire récente

C’est à la fin du XIXe siècle que des changements importants se produisent dans la vie de la commune.

Tout d’abord l’arrivée du train en 1892 et la création d’une halte en 1894 facilite la venue des Parisiens qui profitent des nombreux hôtels et restaurants au bord de l’eau.

La vigne, attaquée par plusieurs maladies ou parasites et surtout placée en concurrence avec les vins du sud de la France, perd de son importance.

La récolte se vendant mal, les vignes sont abandonnées. Les terrains sont vendus pour y construire des résidences. Les enfants de vignerons vont travailler à Paris. On construit une nouvelle voie (l’actuelle rue de la Gare) et bientôt, la fête des vendanges va tomber dans l’oubli…

Progressivement la population rurale laisse la place aux « banlieusards ». Après la première guerre mondiale Louis Schreck, un industriel constructeur d’hydravions, est le premier maire qui ne soit pas un descendant d’une lignée de cultivateurs ou de vignerons.

En 1988, le recensement indique encore trois exploitations agricoles pour une superficie de vingt hectares (en grandes cultures). Aujourd’hui, il n’y en a plus.

En un siècle, la population est passée de 420 habitants (en 1899) à 4 626 (estimation 2015).

Une telle croissance a nécessité une transformation profonde de La Frette. De nombreuses installations nouvelles ont été créées pour répondre aux besoins de la population :

  • trois écoles ont été construites :
    • une au dessus de la mairie en 1908,
    • une sur le plateau en 1937 (Aristide Briand),
    • la dernière, au sud de la ville, en 1966 (Calmette et Guérin).
  • La mairie, construite en 1877 (qui fut mairie-école jusqu’en 1937), a été agrandie en 1997.
  • L’aménagement du plateau, essentiellement agricole jusqu’aux années 60, s’est accompagné de la création de nombreuses voies de circulation.
  • La base de loisirs « René CHOLLET », installée sur les bords de la Seine en 1975, permet la pratique des sports dans un cadre verdoyant.

La création de ces aménagements s’est faite en préservant le caractère de « village » de La Frette et le site qui en fait la réputation.